
LES MARCHÉS DU LOGEMENT VUS PAR LES AGENTS IMMOBILIERS
Source : Chambre FNAIM du Grand Paris
PARIS
En 2024, la baisse des taux de crédits immobiliers, passés de 4,21% en décembre 2023 à 3,37% en novembre 2024, a contribué à redonner du pouvoir d’achat immobilier aux candidats à l’accession. En 2024, sur le marché parisien, la chute des transactions observée depuis 2021, a donc progressivement ralenti, pour retrouver une dynamique légèrement positive au cours du 1er semestre 2025, tandis que les prix à l’achat ont recommencé à grimper :
- 29 800 transactions en mars 2024 (soit -16,9 % sur un an), 29 300 en octobre 2024 (soit -9,7 % sur un an), 29 800 en février 2025 (soit -2,8 % sur un an) et 31 400 ventes en juillet 2025 (soit +6,4% sur un an).
- 9 500 €/m² en mars 2024 (soit -7,7 % sur un an), 9 780 €/m² en janvier 2025 (soit -0,4 % sur un an), et 9 790 €/m² en mai 2025 (soit +0,6 % sur un an).
Mais, bien que le marché ait montré quelques signes encourageants, la situation reste très fragile pour les habitants. En effet, l’interdiction de mise en location des biens G, appliquée depuis le 1er janvier 2024, a eu pour effets d’amputer le marché privé de plusieurs dizaines de milliers de logements et d’exacerber la tension déjà désastreuse sur l’offre locative. Et les prochaines échéances, qui interdiront la location des logements classés F en 2028 et E en 2034, ne laissent pas augurer de jours meilleurs pour les Parisiens. Actuellement, plus d’1 bail sur 2 est classé E, F ou G à Paris.
Or, dans un territoire tendu et qui voit peu de constructions neuves, tel que Paris, le poids des contraintes règlementaires combiné à la raréfaction de dispositifs incitatifs dissuade de l’investissement locatif longue durée, pourtant indispensable. Ainsi, à Paris, les obligations de rénovation énergétique des logements loués au titre de résidence principale, le rétrécissement permanent du champ d’intervention de MaPrimeRénov’, l’encadrement des loyers, la hausse de la taxe foncière (+83 % en 10 ans) et des DMTO pèsent trop lourds sur les épaules des bailleurs particuliers qui préfèrent dorénavant vendre ou laisser le bien vide. D’ailleurs, la vacance ne cesse d’augmenter à Paris mettant ainsi en grandes difficultés les nombreux ménages qui ont besoin de se loger.
L’instabilité politique et le déficit budgétaire impactent eux aussi considérablement les décisions des investisseurs. Or le soutien public est essentiel pour stimuler durablement le marché immobilier et assurer l’accès au logement. Car, faute de dispositifs incitatifs adaptés, qui, par exemple, inciteraient à louer moins cher ou valoriseraient l’effort des bailleurs le plus vertueux en matière de performance énergétique, l’offre locative privée de longue durée continuera de s’appauvrir.